Jérémy Candy s'entraîne à Condé-sur-Vire mais c'est à Mantes-la-Jolie qu'il pourrait décrocher son sésame pour être sélectionné en équipe de France juniors. :Alain Marie
Omnisports : Jérémy Candy file sur l'eau tout en finesse
Portrait. Jérémy pagaie depuis 10 ans. À 17 ans, il va tenter, en fin de semaine, de décrocher une place en équipe de France juniors de canoë-kayak.
Sous ses cheveux blonds, son joli minois ne laisse pas planer le doute : on a en face de soi un garçon sympa. « Un gentil gamin, assure Chantal, sa mère. Très ordonné, maniaque avec son matériel et aussi à la maison. » « Le reflet du gamin que j'aime bien », renchérit son entraîneur, Sylvie Asselin.
À 8 ans, il découvre le kayak. « Par hasard, explique Jérémy. Mon oncle habite juste à côté de la base. » Et un beau jour, « en septembre 1998 », sans même avoir assisté à un entraînement ou avoir suivi une compétition, Jérémy s'inscrit au club de Condé. « S'il n'y avait eu personne, j'aurais fait du judo », avait-il déjà décidé. Mais il y avait du monde.
Pas vraiment taillé pour devenir un sportif, le jeune garçon débute par l'école de pagaie avant de goûter à la compète « en minimes I, à 12 ans » et monte régulièrement sur le podium. Jamais à la première place.
Qu'importe, il persévère et, il y a deux ans, décide de s'entraîner davantage (six entraînements d'1 h 30 par semaine). En s'astreignant aussi à des séances de muscu. « J'ai du retard à ce niveau (1,79 m pour 67 kg), admet Jérémy. C'est un inconvénient surtout pour les départs et la vitesse mais un avantage au niveau du poids. Ce que je n'ai pas en musculation, je l'ai en mental et en technique. »
« L'an dernier, ça a été le déclic », souligne Sylvie Asselin. Deux fois deuxième au championnat de Normandie K1 sur 500 m et 5 000 m, il remporte le titre sur ces mêmes distances en K2 avec Alexis Laforge. Cette année, il fait le carton plein en s'adjugeant ces quatre titres régionaux et décroche la médaille d'argent au championnat de France 5 000 m K2 fin mars à Mantes-la-Jolie avec Adrien Grimaux.
Ces résultats n'échappent pas aux sélectionneurs nationaux et voila Jérémy qui frappe aux portes de l'équipe de France juniors. Vendredi, samedi et dimanche, à Mantes-la-Jolie, ils seront 18 en concurrence... pour six places. Alors, ça peut le faire ? « Je n'aime pas du tout faire de pronostics mais j'y vais pour ça », lâche Jérémy.
« On ne peut pas faire que ça »
« Depuis tout-petit, je veux être vétérinaire. C'était avant que je commence le kayak », se souvient Jérémy. Bon élève de terminale S au lycée Curie de Saint-Lô, il devrait entrer l'an prochain en Prépa Bio au lycée Malherbe à Caen. Avec des idées bien arrêtées. « Le kayak et l'école ça prend du temps, mais on ne peut pas faire que ça, sinon, ça ne marche pas », considère le jeune kayakiste chez qui les amis occupent une place importante.
Le meilleur d'entre eux, c'est Alban Lequertier, un autre jeune kayakiste sur lequel les dirigeants condéens fondent aussi beaucoup d'espoirs. « Il n'y a pas beaucoup d'endroits où Alban est et où je ne suis pas », confie Jérémy.
Depuis deux mois, il y a aussi Mathilde, une petite brunette de 17 ans que Jérémy a séduit dans une soirée entre copains, qui occupe une partie de ses pensées. Car le Manchot entend aussi donner un coup de main dans son club. « Si on veut que le kayak soit plus connu, il faut s'investir. »
Ouest-France